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Hadopi, jusqu’où s’arrêtera-t-elle ?

Blackout sur l'Internet FrançaisJe retransmets le communiqué paru sur le site “La quadrature du Net”, sur l’adoption hier du projet de loi “Internet et Création”… 2… (la mission), ou le passage en force d’une loi stupide, liberticide, et partiellement inapplicable… mais surtout, surtout… INACCEPTABLE !!

En effet, cette loi, sous couvert de protéger (préserver, repêcher) certains intérêts privés, risque de détruire tout un pan de la création de la culture libre (et de ce que nous connaisons, à l’heure actuelle, sous le nom de “l’Internet”, ou du “Web”), en diabolisant le libre échange, ou libre partage, et forcément par là, une forme de gratuité (et non, la gratuité ce n’est pas du vol Mr Oliviennes, nous ne vendons pas tous de la “lessive culturelle” en paquet de douze, nous partageons, à notre mesure, le savoir de l’humanité).

Cette loi risque de créer également un phénomène d’auto-censure de la part des diffuseurs (les FAI par exemple…) qui pourraient juguler peu à peu la libre expression sur le Net Français, pour ne pas “faire de vague”, et ne pas risquer d’être attaqués parce qu’ils hébergent et diffusent, “bien malgré eux” (du 20 Mb pour s’envoyer des mails et ses photos de vacances ? C’est une blague ?), de la propagande gauchiste et/ou libertaire, des sites qui prônent le partage et l’échange, plutôt que l’achat systématique, opposant le partage du savoir à l’économie du spectacle. Là, je pose la question : on nous prend vraiment pour des truffes ? Nous sommes des personnes socialement intégrées, scolairement éduquées, et tout à coup nous sommes tous des pirates ?

Je puis vous assurer que c’est un bras de fer qui s’engage. Et la lutte sera rude, car beaucoup d’entre nous ne souhaitent pas revenir au XIXème siècle. Les constructeurs de la “culture libre” sauront vous le rappeler le moment venu, quand votre société obsolète s’écroulera définitivement sur elle-même… Allez, je me tais, et j’envoie le communiqué… (la salle s’éteint, comme au cinéma, et la voix se fait entendre). Bonne lecture.

Lire le communiqué sur La quadrature du Net

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Internet libre, Minitel 2.0, neutralité des réseaux à l’heure de l’Hadopi

Internet libre, Minitel 2.0, neutralité des réseaux à l’heure de l’Hadopi

Fhoto disponible sur FlickrUn certain nombre de lectures, écoutes et visionnages sur les débats en cours, notamment sur la “neutralité des réseaux“, m’amène à me dire : il est plus qu’urgent de défendre l’Internet que nous aimons et pratiquons, l’Internet décentralisé, où chacun est émetteur et récepteur, où le partage est l’une des bases de ce média (sans émetteur, et/ou sans récepteur, point de réseau, mais du simple monoposte…), où la centralisation pourrait se comprendre, à la limite, dans le cadre d’un commerce en ligne, d’un site de rencontre, ou d’un espace client bancaire, mais pas pour des échanges entre personnes.

De plus, la grande force d’internet depuis le début, c’est sa capacité à toujours fonctionner, même si une partie de son réseau est par terre (par exemple, si un pays venait à disparaitre, suite à une attaque atomique, imaginons, le réseau continuerait à fonctionner…). Il permet donc, même pour les espaces marchands, de ne pas mettre tous ses oeufs sur le même serveur (euh, dans le même panier), et de permettre toujours un “service minimum”, même en cas d’attaque nucléaire, c’est dire…

Partant de là, cette centralisation en devenir (ou déjà bien ancrée, chacun son avis sur la question) n’a pas plus de légitimité dans un projet associatif, ou un projet open source (bien au contraire). Le but des projets émergeants de ces entités est bien souvent le contraire, être connus du plus grand nombre, et diffusés le plus largement possible. Diffuser les sources le plus possible, c’est s’assurer d’une large couverture de partage.

Ainsi, grâce (ou à cause) de ces réflections, j’ai fait quelques recherches, et je me suis remémoré  l’argumentaire et le franc parlé de Benjamin Bayart, président de l’association FDN, l’un des premiers fournisseurs historiques Internet en France. Et du coup, je me suis fais une petite piqure de rappel des fondements simples qu’exprime cet homme. Je vous propose donc un petit florilège de sa prose.

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Le Net, ce n’est pas le Far-West !

Pirate

Sommes-nous tous des pirates ?

Après plusieurs années à entendre nos “industriels de la culture” nous dire, à nous, “braves consommateurs“, et accessoirement fins mélomanes, amateurs d’art, cinéphiles éclairés, et autres joueurs épileptiques et j’en passe (si nous en sommes, si nous en en fûmes :D ), que nous étions de méchants pirates qu’il fallait “éduquer”, notre gouvernement semble bien vouloir, lui aussi à son tour, mettre bon ordre dans cette jungle lubrique et malodorante qu’est “le oueb”, et sa cohorte de “barbes-rouge” au pavillon noir, tapis dans l’ombre, attendant le moment propice pour venir “… jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes” (la fin est dans le domaine public, vous pouvez aisément la ressortir en soirée, sans bourse délier)…

Ainsi, DADVSI nous avait émus, HADOPI nous a révoltés, parfois, de par ses approximations techniques et sa parfaite mauvaise foi (sans parler du fait que cette joyeuse bande de moralisateurs ait réussie à convaincre certains de mes artistes préférés que “le téléchargement c’est mal“, ce qui me met hors de moi, “touchez pas à mes artistes“, laissez leur “la liberté de penser” <- attention expression sans doute sous copyright, merci de laisser un pourboire en sortant…). LOPPSI risque d’être une pierre de plus au muselage du Net, ou pour le moins, un sévère filtrage, et une franche centralisation de l’information (qui est un “site de confiance” et qui ne l’est pas ?…). Le retour du Minitel 2.0 ?

Mais il existe pourtant depuis la création du “réseau des réseaux”, une suite de préceptes simples et logiques, une sorte de dogme inaltérable, auquel chaque utilisateur doit se plier pour le bien et le confort d’utilisation de tous : la “netiquette“. Et oui, je rappelle, contrairement à beaucoup d’idées toutes faites, notamment véhiculées par nos politiques et industriels, que le Web ce n’est pas le Far-West, il y a des règles depuis sa naissance ! Ses inventeurs ne vous ont pas attendus, vous, braves “marchands de lessive” et autres bonimenteurs de la numérisation de l’industrie du 19ème siècle.  Même si nous y sommes maintenant plus nombreux, les règles et coutumes de bienséance restent les mêmes sur ce réseau… A chaque utilisateur attaché à ce dogme de le faire “passer à son voisin”, de tenter de le faire comprendre au plus grand nombre, et de souhaiter défendre, au final, à sa mesure, la liberté de tous, et de lui-même.

Pour en revenir à l’industrie (ce qui veut dire, pour moi, “production et vente en masse”), le modèle économique lié à la “vente matérielle” d’un objet, fusse t-il un objet d’art, qui consiste à se déposséder d’un bien lorsque l’on cède ce dernier pour une somme d’argent sonnant et trébuchant, est, je pense, comme beaucoup d’autres de mes congénères, obsolète et d’un autre âge ! Les économies réalisées par la diffusion d’un coût proche de zéro qu’offre le Net, et la reproduction des oeuvres à l’infini sans perte de qualité et sans que son possesseur en soit dépossédé, devront indéniablement être reportées sur la facture du consommateur de culture. De plus, il serait de bon ton de renégocier la répartition allouée aux artistes.

En effet, si je prends l’exemple de la musique, beaucoup de productions sont aujourd’hui réalisées dans des configurations de type “home studio”, par les artistes eux-mêmes. La production pour la maison de disque se cantonne du coup à l’enregistrement de quelques “overdubs” (pistes d’instruments additionnels, reprise de coeurs ou de la voix lead…) et du mastering final. Pas bien cher au final. Le reste du “job” consiste à promouvoir l’album. C’est tout. Sachant que la promotion passait jusqu’alors principalement par les “medias de masse” (TV, radio, presse écrite), cette promotion coûtait chère. La promotion par le Web ne coûte pas vraiment le même prix. Les sites de réseaux sociaux l’ont d’ailleurs bien compris, et proposent, je pense, des tarifs bien mieux adaptés, car bien moins onéreux pour les annonceurs, pour une cible toute aussi nombreuse que dans les médias traditionnels (Tronchebook, par exemple, combien d’utilisateurs, et consommateurs potentiels de par le monde ?)…

Je suis donc au regret d’annoncer à nos chers industriels qu’il va falloir réduire vos marges, et mieux redistribuer les dividendes avec vos chers artistes, ou nos chères idoles, si vous souhaitez pouvoir continuer sereinement à “écouter et servir vos clients”, et “proposer et défendre vos produits”. Car il serait dommageable de louper le coche, et laisser les artistes et leur public deviser entre eux, sans vous…

Source : le Net, ce n’est pas le Far-West

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