Internet libre, Minitel 2.0, neutralité des réseaux à l’heure de l’Hadopi
Un certain nombre de lectures, écoutes et visionnages sur les débats en cours, notamment sur la “neutralité des réseaux“, m’amène à me dire : il est plus qu’urgent de défendre l’Internet que nous aimons et pratiquons, l’Internet décentralisé, où chacun est émetteur et récepteur, où le partage est l’une des bases de ce média (sans émetteur, et/ou sans récepteur, point de réseau, mais du simple monoposte…), où la centralisation pourrait se comprendre, à la limite, dans le cadre d’un commerce en ligne, d’un site de rencontre, ou d’un espace client bancaire, mais pas pour des échanges entre personnes.
De plus, la grande force d’internet depuis le début, c’est sa capacité à toujours fonctionner, même si une partie de son réseau est par terre (par exemple, si un pays venait à disparaitre, suite à une attaque atomique, imaginons, le réseau continuerait à fonctionner…). Il permet donc, même pour les espaces marchands, de ne pas mettre tous ses oeufs sur le même serveur (euh, dans le même panier), et de permettre toujours un “service minimum”, même en cas d’attaque nucléaire, c’est dire…
Partant de là, cette centralisation en devenir (ou déjà bien ancrée, chacun son avis sur la question) n’a pas plus de légitimité dans un projet associatif, ou un projet open source (bien au contraire). Le but des projets émergeants de ces entités est bien souvent le contraire, être connus du plus grand nombre, et diffusés le plus largement possible. Diffuser les sources le plus possible, c’est s’assurer d’une large couverture de partage.
Ainsi, grâce (ou à cause) de ces réflections, j’ai fait quelques recherches, et je me suis remémoré l’argumentaire et le franc parlé de Benjamin Bayart, président de l’association FDN, l’un des premiers fournisseurs historiques Internet en France. Et du coup, je me suis fais une petite piqure de rappel des fondements simples qu’exprime cet homme. Je vous propose donc un petit florilège de sa prose.
Liens
- Tout le monde a intérêt à transformer Internet en Minitel (Benjamin Bayart, président de FDN pour ecrans.fr)
- Entretiens de Benjamin Bayart, pour Ecrans.fr, On sera filtré, mais en plus on sera taxé (1/2), et La neutralité du net, un pilier des libertés (2/2)
- Internet libre ou Minitel 2.0 (en streaming, sur Theora Sea, ou sur notre site)
Hadopi est une profonde niaiserie qui fait exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire, c’est à dire favoriser la diffusion légale d’œuvres à travers la mise en place de tiers de confiance gérant des bibliothèques personnelles (ne contenant que les références des oeuvres, pas des copies), tiers de confiance ayant une interdiction stricte de regarder dedans ou d’en publier le contenu, et fonctions éditeurs et magasins en ligne complètement séparées de la fonction “notariale” ou “tiers de confiance”.
Répression ? Sur les centres et non utilisateurs finaux, P2P vaste hypocrisie dans les termes, toujours des centres dans le piratage du fait de la nécessité de constituer des catalogues. Un peu plus développé ci-dessous :
http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/piratage-hadopi-etc
Aucune offre légale non monopolistique, non pénible pour les utilisateurs, et respectant le caractère privé de leurs bibliothèques (disco, video, sito thèques) ne peut se mettre en place sans ces “tiers de confiance” et “comptes de licences contrats” personnels associés.
Quant à la licence globale, ce serait bien évidemment la pire des solutions :
http://iiscn.wordpress.com/2011/07/03/licence-globale/
“et neutralité” du réseau ça ne veut rien dire, plus ou moins un reliquat de l’emploi imbécile du terme virtuel, emploi dont il serait vraiment bon de sortir une bonne fois pour toute